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COMMENT se déroule la revente d’un viager; viager libre, viager occupé, vente à terme?

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Comment se déroule la revente d'un bien en viager ? 

Lors d’un achat en viager, le débirentier s'engage envers le crédirentier, théoriquement jusqu’au décès de ce dernier. Cependant, un bien en viager peut être revendu à tout moment.

 

La revente du viager du vivant du crédirentier

Lorsqu’un acquéreur achète son bien en viager, son objectif n’est pas de le revendre avant même de l’avoir acquis. Cependant, les aléas que peut subir le débirentier peuvent l’empêcher d’honorer le versement de ses arrérages mensuels. Dans de telles conditions, la revente du viager permet de ne pas accabler le débirentier et de faire en sorte que les difficultés qu’il rencontre n’aient pas de conséquences sur le crédirentier. Le viager peut donc être revendu à n’importe quel moment et sans l’accord préalable du crédirentier. Il conviendra toutefois de l’informer de cette démarche par voie d’huissier.

En cas de revente du viager du vivant du crédirentier, l’enjeu principal pour le débirentier sera de récupérer les sommes déjà versées. Il est donc indispensable de réaliser quelques calculs et de procéder à la revente en connaissance de cause.

Le nouvel acquéreur devra payer les rentes viagères dans les mêmes conditions que le débirentier initial. Il devra également verser au premier débirentier une somme de départ également appelée le bouquet, qui devra s’élever au minimum à l’ensemble des sommes déjà versées.

Sachez que lorsqu’il revend son viager, le débirentier initial se porte garant du nouvel acquéreur. De ce fait, en cas de problème dans le versement des rentes, par exemple, le crédirentier se retournera contre l’acquéreur initial qui lui-même se substituera au nouvel acquéreur et se retournera contre lui.

 

La revente du bien après le décès du crédirentier

 

Au décès du crédirentier, le bien immobilier devient automatiquement la propriété du débirentier, et le contrat de viager prend donc fin. Cette règle ne vaut pas lorsque dans les termes du contrat, il a été convenu que le viager se poursuit au profit d’une personne désignée par le crédirentier (il s’agit généralement de son conjoint), jusqu'à son propre décès. Dans ce cas, il faudra attendre le décès de cette personne pour que le viager prenne fin.

Généralement, l’acheteur n’a pas vraiment d’intérêt à revendre le bien qu’il vient d’acquérir, mais il peut en tirer avantage si le bien immobilier a été fortement valorisé depuis la conclusion de son achat en viager.

 

DEJOUER les risques d'un achat en viager

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Déjouer les risques d'un achat immobilier en viager

Pour tenter de maintenir leur niveau de vie au moment de la retraite, de plus en plus de propriétaires âgés réfléchissent à mettre en vente leur résidence principale en viager occupé.

Ce contrat de gré à gré est conclu entre un vendeur (le crédirentier), qui conserve la jouissance de son bien et continue de l'habiter, et un acheteur (le débirentier), qui en acquiert la nue-propriété.

Au moment de l'achat, les deux parties s'entendent sur une somme à payer (le bouquet), complétée par une rente viagère versée chaque mois jusqu'au décès du crédirentier. Le bouquet et la rente dépendent de la valeur du bien immobilier, de l'âge du vendeur et de ses desiderata : un bouquet faible implique le versement d'une rente viagère élevée, et vice-versa. (cf "calculer un viager occupé" et "calculer un viager libre")

Pour un investisseur, ce marché de niche présente un intérêt financier, car il peut permettre d'acheter de 20 % à 30% moins cher. Mais encore faut-il que le vendeur ne batte pas des records de longévité… Si vous êtes intéressé, il est impératif d'examiner attentivement les clauses du contrat pour éviter les nombreux pièges que comporte un tel investissement.

DONATION DÉGUISÉE

Dans ce type de montage, une des erreurs les plus courantes consiste à acheter le logement d'un proche âgé sans descendance directe, tout en fixant un prix largement en dessous de celui du marché. "Dans ce cas, acheteur et vendeur prennent le risque de voir l'opération annulée puis requalifiée fiscalement pour donation déguisée", prévient Patrice Bonduelle, notaire au cabinet Michelez et associés.

Cela ne doit pas être pris à la légère, car l'administration fiscale épluche toutes les ventes en viager et les héritiers qui s'estiment lésés peuvent, au décès du crédirentier, contester l'opération.

Il est donc fortement recommandé de faire expertiser son bien immobilier par plusieurs professionnels afin de connaître sa valeur de marché. Conservez aussi ces estimations pour prouver votre bonne foi en cas de problème.

Autre erreur classique : ne pas prévoir de clés de répartition des charges courantes et des dépenses à venir. Lorsqu'un propriétaire vend son bien en viager, il en devient locataire à vie. Il doit donc l'entretenir et régler certaines charges, comme la taxe d'habitation. Le débirentier assume les autres frais (taxe foncière notamment).

Mais tout est négociable, et, pour être certain de savoir qui financera des travaux non prévus ou de nouvelles charges, mieux vaut tout coucher noir sur blanc dans le contrat. Une des clauses les plus importantes dans un contrat en viager, surtout si le crédirentier est "jeune", est celle de l'indexation de la rente viagère.

Celle-ci détermine, en effet, l'indice officiel qui servira de base pour réévaluer ce montant chaque année. Dans la majorité des cas, il s'agit de l'indice du coût de la vie (hors tabac), mais il est possible d'en choisir un autre avec l'accord du vendeur. L'acheteur ne doit pas sélectionner des indices trop exotiques pour éviter de se retrouver dans une situation financière difficile.

REVENDRE AVANT TERME

Et il existe d'autres écueils. L'acheteur doit ainsi prendre garde à ne pas sous-estimer les montants nécessaires pour faire face à éventuel un coup dur. Pour que l'opération soit valable, il faut prévoir une enveloppe de financement suffisamment large afin de pouvoir payer un ravalement non prévu ou des travaux de rénovation parfois très importants.

Et mieux vaut, lorsqu'on devient débirentier, ne pas oublier de verser la rente. Car "la clause résolutoire", insérée dans tous les contrats de viager, permet au crédirentier de rendre la vente en viager caduque si son acheteur ne paie pas deux mensualités à la suite".

Pour éviter une telle mésaventure, la solution consiste à revendre le viager avant son terme, sur la base d'une nouvelle expertise du bien : celle-ci tiendra compte de l'espérance de vie plus courte du vendeur et de l'évolution du marché immobilier.

L'acheteur verse alors un bouquet, et devient le nouveau débirentier. Il s'engage à verser la même rente au crédirentier, et, au décès de ce dernier, récupère la pleine propriété du bien.

Source : LE MONDE Marie Pellefigue 

 

ACHETER en viager : une bonne affaire ?

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ACHETER en viager un bien immobilier : une bonne affaire ?

Les mentalités changent : la vente en viager n’est plus taboue. Pour la réussir, il faut respecter certaines règles, la fixation du prix, partiellement payé au comptant. Ce qui ne la rend pas accessible à toutes les bourses.

Le viager, avec quelque 4 000 ventes par an, constitue un marché de niche : même s’il est en légère croissance, il ne représente que 0,6 % des transactions immobilières.  Une accélération importante est attendue à partir de 2020 avec la génération des baby-boomers qui atteindra l’âge moyen des vendeurs en viager, soit 75 ans.

Des modalités de paiement particulières

Le viager se rapproche d’une vente immobilière classique, seules ses modalités de paiement diffèrent. Au moment de l’acquisition, l’acheteur – appelé le débirentier – ne règle que le bouquet, une somme d’argent payée comptant. Le reste est acquitté chaque mois auprès du vendeur – nommé crédirentier –, sous forme de rente versée jusqu’à son décès. « “Tabou”, “malsain”, tels ont été pendant longtemps les adjectifs qualifiant le viager », note François Robelin, notaire à Vichy. Pourquoi ? Parce que le contrat dépend d’un aléa fondé sur la durée de vie d’une personne. « Mais cette vision a aujourd’hui largement évolué. Le viager est perçu comme un investissement à part entière. D’ailleurs, le contrat est totalement équilibré, dans la mesure où vendeur et acquéreur en tirent tous les deux avantage », ajoute Me Robelin. L’acquéreur se constitue un patrimoine tout en souplesse et au meilleur prix. Mais l’opération est aussi intéressante pour le vendeur retraité, qui trouve ainsi un moyen de compléter ses revenus. Anthony Mattei, le directeur de Sud Viager, une agence spécialisée dans le viager à Marseille depuis trois générations, va plus loin : « Le viager est un schéma gagnant-gagnant. Il arrive d’ailleurs souvent que des liens affectifs forts se nouent entre la personne âgée et l’acheteur. »

Un investissement atypique

Dans la majorité des cas, le vendeur est une personne âgée qui continue à habiter le logement. On parle alors de « viager occupé », ce qui lui assure le maintien de son cadre de vie. Attention toutefois, l’investissement n’est pas nécessairement juteux ! « N’oubliez pas que le contrat est aléatoire, vous prenez un pari sur l’espérance de vie du vendeur. Plus il vivra vieux, plus le bien vous coûtera cher », explique Me Robelin. D’ailleurs, il y a quelques années, un notaire a réalisé une bien mauvaise affaire en achetant une maison en viager à une cliente âgée de 90 ans. Il ne se doutait pas que cette femme, dénommée Jeanne Calment, mourrait à l’âge de 122 ans ! Pour Stanley Nahon, ce cas est totalement isolé : « Vous avez peu de risque de tomber sur la doyenne de l’humanité ! »

Un bien qui se valorise avec le temps

Néanmoins, comme dans le cas de Jeanne Calment, quand la personne quitte les lieux pour entrer en maison de retraite, le propriétaire peut louer le bien et percevoir un revenu locatif. Ce dernier couvre, en général, le montant de la rente, même majorée. En cas de départ anticipé du logement par le crédirentier, la rente viagère à payer est en effet revalorisée, autour de 30 % (le taux est librement négociable au moment de la vente). L’achat en viager est moins hasardeux qu’il n’y paraît car, selon Anthony Mattei, « le coût total de l’acquisition du bien immobilier va effectivement dépendre de la longévité du vendeur. Mais à la fin, l’investisseur acquiert le bien à un prix inférieur à sa valeur réelle. Pourquoi ? Parce que le prix d’achat est décoté pour tenir compte de l’occupation par le crédirentier et que le bien se valorise dans le temps. Ainsi, les calculs sont tels que même si le vendeur vit bien au-delà de son espérance de vie, l’acquéreur reste gagnant ».

Bien négocier le prix

Le prix de la transaction fait l’objet de calculs très précis (cf "calculer un viager occupé" et "calculer un viager libre") , à partir de l’estimation réelle du bien libre au jour de la signature. À ce montant, il est appliqué une décote liée au droit d’usage et d’habitation. « Celle-ci est, par exemple, d’environ 30 % pour une femme âgée de 75 ans », explique Me Robelin. Ensuite, le montant du bouquet est fixé, autour de 30 % du prix du bien une fois la décote défalquée. Lorsque le bouquet est évalué, il faut calculer le montant de la rente. Plusieurs paramètres interviennent : l’âge et le sexe du crédirentier (qui permet de déterminer son espérance de vie), l’existence d’une clause de réversibilité si le bien est vendu par un couple (au décès de l’un, l’intégralité de la rente est versée au survivant), le taux de rendement du bien d’après sa valeur locative, etc. Les professionnels utilisent des outils spécifiques qui intègrent des tables de mortalité, les estimations sont susceptibles de légèrement varier, mais ces calculs ne constituent qu’une base, les montants du bouquet et de la rente demeurant librement négociables. « Le viager reste une vente immobilière. Rien ne vous empêche de négocier le prix à la baisse. D’ailleurs, dans ce marché de niche, l’acquéreur est en position de force puisque les acheteurs ne se bousculent pas », ajoute Me Robelin.

Avoir une logique d’épargne-retraite

« Si vous cherchez un investissement sécurisé dans la pierre, le viager est à conseiller, résume MeRobelin. Le placement est rentable et vous permet de vous constituer un patrimoine immobilier à votre rythme et sans recourir à un emprunt bancaire. » Les acquéreurs, dans leur majorité, sont dans une logique d’épargne-retraite. De la même façon qu’ils investiraient dans une assurance-vie ou un bien locatif pour compléter leur retraite future, ils choisissent le viager. « Au-delà de 55 ans, et compte tenu de la durée d’un investissement en viager, la logique d’un investisseur est plutôt de transmettre le bien car il reviendra aux héritiers », analyse Stanley Nahon.

Prendre en compte les charges

Malgré ses avantages, le viager n’est pas à la portée de tous. Il vous faut en effet détenir des liquidités pour acquitter le bouquet car« les banques refusent de le financer à crédit, sauf si vous acceptez de mettre en hypothèque un autre bien immobilier », constate Anthony Mattei. Attention à bien faire vos calculs avant de vous engager ! Prenez en compte le fait que le versement de la rente peut durer longtemps et qu’il vous faudra assumer certaines charges en tant que propriétaire (de grosses réparations, par exemple). La répartition des travaux entre débirentier et crédirentier, telle que fixée dans l’acte de vente, est généralement celle pratiquée entre locataires et propriétaires.

Pouvoir faire face à un coup dur

Il faut donc disposer d’un minimum de trésorerie pour ne pas se retrouver « étranglé » au moment de payer rentes et charges. Par ailleurs, pour assurer le paiement de la rente au crédirentier, une hypothèque est prise par le notaire : si vous cessez les versements, le vendeur peut faire saisir et vendre le bien. Souvent, il est ajouté dans l’acte une clause résolutoire : elle permet au vendeur, si le débirentier ne règle plus la rente, de redevenir propriétaire en faisant annuler la vente. Dans ce cas de figure, vous perdez toutes les sommes déjà versées ! « Nous conseillons à nos clients de mettre de côté l’équivalent de six à douze mois de rentes par mesure de sécurité. Si vous touchez à ce capital, c’est le signal d’alerte. Et si la crise n’est pas passagère, il faut s’empresser de remettre en vente le bien », alerte Stanley Nahon.

Revendre avant terme

Vous demeurez libre de revendre le bien acquis en viager, quand vous le désirez et à qui vous le souhaitez. Il n’est pas nécessaire d’obtenir l’autorisation du crédirentier. « L’opération n’entraîne généralement aucune perte pour le premier acquéreur », confie Anthony Mattei. La difficulté est ailleurs : même si vous vous libérez d’une charge financière – le paiement de la rente viagère puisque le nouvel acquéreur prend le relais –, vous restez garant de son paiement jusqu’au décès du crédirentier. Reste à bien choisir l’acheteur en s’assurant de ses capacités financières.

« Attention au viager en famille »

Pierre Montagnon, notaire à Gerzat (Puy-de-Dôme)

« Il faut être extrêmement prudent quand on pratique un viager en famille, que ce soit avec un enfant, un neveu, un cousin... La loi considère l’opération entre des parents et un enfant comme une donation déguisée. Pour y échapper, il faut que les frères et sœurs soient partie prenante de l’acte en déclarant que la transaction leur paraît sincère, et que la valeur du bien et de la rente est réelle. Dans les faits, j’évite le plus possible ces ventes, et je les refuse quand je sens que le viager est un moyen détourné de recevoir le bien gratuitement et sans fiscalité. En revanche, quand la démarche est sérieuse et que les parties veulent pratiquer une vente viagère malgré les mises en garde, nous prenons le plus de précautions possible : estimation du bien effectuée par un professionnel, conservation des preuves de paiement du bouquet et des rentes, etc. Nous devons pouvoir tout justifier en cas de contrôle de l’administration fiscale. »

Cas pratique

Élisabeth, 75 ans, est veuve. Elle vend en viager sa maison à Luc, un bien estimé à 300 000 €. Son espérance de vie est de quinze ans. Elle souhaite continuer à habiter son logement.

La décote induite par ce droit d’habitation est de 27 %. La valeur de la maison occupée s’élève à 219 000 € (300 000 - 27 %), et le rendement locatif est d’environ 3 % par an. Elle demande un bouquet de 75 000 €.

Compte tenu de l’espérance de vie d’Élisabeth, la rente annuelle payée par Luc sera de 9 600 €, soit 800 € par mois.

Une revalorisation annuelle de la rente est prévue dans l’acte de vente, selon l’indice des prix à la consommation.

De Rosine Maiolo

 

VIAGER : vive la vie de rentier!

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Viager immobilier : vive la vie de rentier !

A la question de savoir ce qu’est au juste le viager, la vente immobilière en viager arrive presque toujours en tête des réponses. Pourtant le viager occupe un champ très diversifié de la vie financière, économique et patrimoniale. En effet, il existe au moins deux sortes  de viager : le viager en immobilier et le viager dit financier. Tout aussi important, mais moins populaire, le viager financier se rencontre souvent dans le domaine de l’assurance vie. Le mot viager – droit viager dans le jargon - s’emploie également pour évoquer le droit au logement à vie attribué par le code civil au conjoint survivant. Alors le viager conçu comme technique patrimoniale, faut-il y aller ? Oui, mais sachez d’abord précisément à quel viager vous avez affaire, et ce qu’il vous rapportera. Décryptage.

Le viager a fait le régal et le bonheur financier de grands écrivains. En 1768, Voltaire écrivait à son amie la marquise du Deffant : "il  me semble que je vous avais conseillé de vivre, uniquement pour faire enrager ceux qui vous paient des rentes viagères ; pour moi, c’est presque le seul plaisir qui me reste." (cf histoire du viager)

Pourtant, le viager - technique patrimoniale déjà présente dans la Rome Antique - ne figure pas dans le code civil. Normal, viager est le terme usuel utilisé dans la vie courante pour désigner une opération patrimoniale précise. Lors de sa rédaction en 1804, le code civil crée un chapitre dédié au contrat de rente viagère. Hier comme aujourd’hui, l’article 1968 du code civil dispose que la rente viagère peut-être constituée à titre onéreux, moyennant une somme d’argent, ou pour une chose mobilière appréciable, ou pour un immeuble.

Cette technique patrimoniale est ainsi pratiquée sur les biens immobiliers, on parle alors de vente immobilière en viager, expression raccourcie dans le langage courant en viager immobilier ou viager. Le code civil indique également que le contrat de rente viagère, le viager donc, peut aussi être constitué sur une somme d’argent. Il s’agit du viager présent notamment dans le domaine de l’assurance vie,  parfois dit viager financier pour le distinguer du viager en immobilier.    

Le viager d’un bien immobilier

Seule au monde, à 75 ans, avec une retraite en peau de chagrin après une dure vie de labeur abonnée aux petits salaires. Mais elle ne se plaint jamais : elle est heureuse d’être propriétaire de sa maison située dans un ravissant petit village quelque part en France. Surtout que la solidarité des voisins ne se dément pas. 

Elle, c’est Ghislaine qui rêve parfois aux menus plaisirs qu’elle pourrait s’offrir si elle avait un budget un peu moins ric-rac,  comme de temps en temps un restau et un ciné avec ses copains et copines, une petite visite au salon de coiffure. Jusqu’au jour où la chance frappe à sa porte quand un voisin, agent immobilier de son état, lui parle du viager qui pourrait lui permettre de vivre un peu plus confortablement.

La vente en viager consiste pour le propriétaire d’un bien immobilier à le céder tout en continuant à l’occuper. Il s’agit alors du viager occupé.

L’originalité du viager, c’est que l’acquéreur ne sait pas à l’avance ce qu’il va payer au total. Car il y a un aléa, une part d’inconnu, que personne ne maîtrise, c’est l’espérance de vie du vendeur qui détermine pour l’acheteur pendant combien de temps il va payer la rente viagère. De Michel Serrault à Madame Calment, le viager réserve des surprises. On se souvient ainsi,  de l’histoire de ce notaire qui avait acquis l’appartement d’une dame, Jeanne Calment alors âgée de 90 ans. Il décède avant elle, et laisse à ses héritiers le soin de continuer à payer la rente mensuelle à la doyenne du monde qui vécut jusqu’à 122 ans.

Le viager, c’est aussi ce film joyeux et savoureux que les moins de 40 ans ne peuvent connaître. Les merveilleux acteurs Michel Serrault et Michel Galabru y narrent jusqu’à l’absurde la situation de l’acheteur en viager qui croyant réaliser une bonne affaire auprès d’un vendeur malade, en est pour ses frais.  

Le viager avec ou sans bouquet

La vente en viager se fait par un contrat conclu devant un notaire. Le propriétaire, appelé crédirentier va vendre son bien à un acheteur, le débirentier dans le jargon. Avec le temps, le mot crédirentier a perdu une partie de ses lettres, et aujourd’hui on parle beaucoup du rentier, l’individu supposé vivre de la sueur des autres. Pour en revenir au viager, le vendeur encaisse à la signature du contrat de vente, versé par l’acquéreur, un capital popularisé sous le nom bouquet et ensuite perçoit chaque mois une somme précise, une rente ou plus exactement une rente viagère, comme la nomme le code civil, un revenu versé au vendeur pendant toute sa vie.

Il peut ne pas y avoir de capital (bouquet) ce qui est assez rare, et dans ce cas le prix de vente du viager est constitué uniquement de la rente versée au vendeur pendant toute sa vie. La rente est versée sur la tête de celui qui en jouit, et s’éteindra à sa mort, sans que ses héritiers puissent en bénéficier. Mais parfois le viager peut-être constituée sur deux têtes, c’est à dire que la rente ne s’éteint pas au décès du crédirentier mais sera transférée, donc versée, par exemple au conjoint qui lui survit.

Aux termes de l’article 1976 du code civil, la rente attachée au viager est librement fixée entre le vendeur et l’acquéreur, mais doit présenter un caractère sérieux, disent les tribunaux. En pratique, le prix d’un viager est fixé en prenant la valeur réelle du bien constatée sur le marché local de l’immobilier.

Tout se passe comme si le bien libre de toute occupation devait faire l’objet d’une vente classique et non pas cédé en viager. Ensuite, ce prix de valeur libre est corrigé à l’aide des nombreux paramètres fixés dans l’opération de viager : bouquet ou pas, viager occupé qui désigne la situation où le vendeur continue de vivre dans le logement, ou au contraire viager libre, s’il n’ y habite plus. Schématiquement, le prix réel du bien immobilier est divisé par le nombre d’années qui resteraient à vivre au vendeur, compte tenu de son âge lors de la signature du viager. Pour cela, il existe des tables d’espérance de vie, jugées pour certaines trop défavorables au vendeur en viager.

La rente n’a pas vocation à rester figée, le contrat de viager doit prévoir son indexation à la hausse. A défaut de précision, la rente est indexée annuellement selon un barème remis à jour chaque année lors du vote de la loi de finances, intitulé taux de majoration des rentes viagères.  

Michèle Auteuil dans Capital du 15/12/2015

 

VIAGER OCCUPE : une bonne solution pour les petites retraites

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Le viager immobilier occupé, une bonne solution pour les faibles retraites

Si une pension de retraite est trop faible pour assurer à son bénéficiaire des conditions décentes de vie, la vente de sa résidence principale en viager occupé constitue une bonne alternative pour obtenir un complément de revenu.

Le viager occupé, comment ça marche ?

Dans le cadre d'une vente en viager, une personne âgée cède la propriété de son logement à un acheteur plus jeune contre la garantie de pouvoir continuer à y habiter. La vente se traduit par le versement d’un premier acompte en capital, appelé le bouquet, puis par une rente que l'acheteur s'engage à payer au propriétaire pour le reste de son existence. Son montant dépend de la valeur du bien immobilier et doit être indexé sur l’augmentation du coût de la vie. Pendant la vie du rentier, les charges liées au logement font l’objet d’une répartition. Le nouveau propriétaire doit notamment prendre en charge les gros travaux ainsi la taxe foncière. Les petits travaux d’entretien et la taxe d’habitation, en revanche, sont financés par le rentier.

Moins courant, le viager libre permet également au vendeur de percevoir son bouquet et sa rente viagère mensuelle mais l'oblige à quitter les lieux dès la transaction.

Un complément de retraite pour le vendeur...

La vente d’une résidence principale en viager constitue une décision importante pour un retraité. Par cet acte, le bien disparaît de son patrimoine immobilier et ne peut donc pas entrer dans le cadre de sa succession. Si ce point ne constitue pas un obstacle à ses yeux (aucun descendant en ligne directe, par exemple), le viager peut alors être un levier efficace pour augmenter ses revenus. Au-delà du confort de vie amélioré, ces moyens supplémentaires peuvent faire la différence lorsque l’autonomie de l’occupant commence à décliner. La location d’une chambre dans une bonne maison de retraite ou le recrutement d’un auxiliaire de vie sont alors largement facilités.

…et une bonne affaire potentielle pour l’acheteur

Tout le monde n’est pas prêt à faire acheter un bien immobilier en « misant » sur le décès rapide du vendeur. C’est la raison pour laquelle on estime qu’à peine un quart des logements mis en vente en viager trouvent preneur. Souvent, le vendeur est contraint de renoncer à son projet et de vendre son patrimoine de façon classique. Le viager ne manque pourtant pas d’atouts pour séduire un jeune investisseur : contre un versement initial faible par rapport à la valeur du bien (inférieur à 60 %) et le versement d’une rente viagère abordable, il est possible de se retrouver à la tête d’un beau patrimoine.

La réduction des risques du viager par la mutualisation

En raison de la frilosité des acheteurs, certains produits financiers permettant d’investir sans risque dans le viager sont en train d'émerger. Le principe : une Sicav, une SCI ou un fonds professionnel de capital-investissement achètent plusieurs biens en viager pour les revendre au décès de l’occupant et générer une plus-value. Le principal risque lié au viager, à savoir une durée de vie très longue du rentier, est ainsi dilué entre un grand nombre de biens.

 

Les points clés à retenir

Souvent mal perçu, le viager constitue au contraire une aide précieuse pour l'amélioration de la qualité de vie de nombreux retraités qui souhaitent compléter leurs revenus et se prémunir contre toute difficulté au cours de leurs vieux jours.

 

Par Florian DCE le 15 Juin 2016